© Charles Goldstein
Peintures

Charles Goldstein

mardi 19 juin au samedi 7 septembre // 13h00 à 18h00

Espace Saint-Jean

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Présentation

« De Rothko dans l’étincelante couleur à Soulages dans la lumière d’outre noir, Charles GOLDSTEIN expressionniste abstrait voyage dans le passé mais, extraordinairement, sublime ses compositions alimentées de cette mémoire dépouillée d’un réel clos et achevé en soi.

De cette alliance entre l’art et le mental, notre regard est séduit puis entrainé dans ce monde qui évoque le passage du rêve et du cauchemar à la réalité, là ou naît le point de rencontre entre le conscient et l’inconscient. De cette confrontation résulte un langage d’éléments élaborés chargés de fragments de vie, fragments de mémoire.

Dans cette œuvre picturale grandiose qui est sienne, se reflètent les strates de cette mémoire qui s’écueille par quartiers, s’avive de couleurs explosives puis s’adoucit de suie et de cendres.

Sa peinture est un espace de questionnements et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent se faire et se défaire. Marqué par la tragédie hallucinatoire qui décima toute une génération mais ou, paradoxalement, la lumière dessine l’espoir dans cet océan d’abstraction, un message chargé d’émotion nous interpelle : « N’oublions jamais ». D’une génération, donnez-moi la mémoire (article)

Vernissage : dimanche 17 juin // 18h30

Galerie

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Charles Goldstein : artiste engagé

Engagé dans une recherche picturale sur la mémoire de la Shoah, Charles Goldstein construit une œuvre étonnamment contemporaine sur un thème qu’il ne cesse de triturer en profondeur. La structure abstraite de ses toiles tire jusqu’à nos sens une émotion brute extirpée du néant. Ses œuvres sont en permanence exposées à la Galerie Menouar à Paris. En 2009, l’Espace Saint-Jean à Melun lui consacrera une grande rétrospective.

Depuis qu’il se confronte au souvenir de sa famille exterminée pendant la Shoah, le peintre Charles Goldstein se penche au-dessus du vide. À chaque trait de pinceau, à chaque touche de couleur, à chaque action sensible pour traduire son émotion tragique sur la toile blanche, son travail de perpétuation affronte des questions essentielles. Comment préserver la mémoire d’une génération que l’on n’a pas connue ? Comment perpétuer le souvenir de ce que l’on n’a pas vécu et qui n’a pas été transmis ? « Je travaille sur du néant, sur de la poussière, sur de la fumée. Je manie une matière que je ne comprends pas, que je ne connais pas.»

« Car je n’en ai pas la mémoire.» Terrible constat qui accentue l’abîme. En faire un témoignage alors, a-t-on envie de suggérer ? Non, le peintre ne peut témoigner de ce qu’il n’a pas vécu. Il sait seulement que 84 membres, sur les 100 que comptait sa famille, ont disparu pour toujours dans des circonstances qu’il ne connaîtra sans doute jamais, exécutés sur place ou dans un bois voisin du petit village de Wisznice en Pologne, ou bien déportés vers les camps de concentration pour n’en sortir que par les fumées âcres des crématoires. Il sait aussi qu’il a échappé à ce destin grâce à son père qui, dès 1939, perçoit dans les évènements la tragédie qui s’annonce…

Cette histoire familiale, Charles Goldstein n’a jamais pu en faire le deuil. Pour bien comprendre le désastre, l’absence, la perte, l’effondrement, le vide, il ajoute : « Je me suis beaucoup intéressé à la vie du shtetl dans ces années-là, lu des livres, vu des images. Mais, même avec ces éléments-là, il m’est impossible d’imaginer ma famille vivante au milieu de cet univers.» Ce lent cheminement pour la réappropriation d’une parenté aspirée hors du monde par la brutalité et l’horreur nazie, et dont il est issu, Charles Goldstein a voulu le rendre palpable : « Je sais d’où je pars, mais je ne sais pas où je vais… » .

Depuis une quinzaine d’années, le fil conducteur de sa recherche identitaire s’exprime par la difficile voie introspective de la représentation abstraite, « parce que la forme figurative ne permet pas d’aller au fond de l’enfer.» La force pictura1e de ses œuvres – « La part d’ombre », « Comment c’était là-bas », « Tant de vies mêlées ont fait ces fumées noires… », « Mémoire pétrifiée », « Les voix dans la nuit… », « Archéologie de mémoire » – s’éprouve au premier contact.

Surtout, elles placent le spectateur en présence d’une réalité invisible et poignante, au cœur d’un trou noir dont le mystère reste entier.

« C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche » dit Charles Goldstein en citant Pierre Soulages pour conclure.

Aujourd’hui, même si le peintre parvient à se sentir dans « son » histoire dès qu’il pénètre dans l’atelier où il travaille en général la nuit, sa conscience n’est pas encore apaisée. L’appel, le cri de ceux qui ont éprouvé l’horreur captent son attention et son art.

« Créer pour recréer, c’est être engagé dans un mouvement perpétuel de responsabilité du souvenir. Plus simplement, c’est ma façon de penser à eux. » Jean Elyan

www.goldstein-charles.fr

Photos: DR

Entrée libre

Espace Saint-Jean // +33(0)1 64 52 10 95 // 26 place Saint-Jean 77000 Melun